uemoaIl m'est souvent donné d'entendre des amis ou de simples connaissances se plaindre de la qualité de leurs relations bancaires, traitant leurs banquiers de "voleurs" et de bien d'autres noms que je ne permettrai pas d''indiquer ici. Sans utiliser ces qualificatifs péjoratifs, je me dois d'avouer qu'il m'arrive personnellement d'exprimer mon incompréhension par rapport à des frais et commissions bancaires que j'estime injustifiés et carrément "frauduleux".  Mais les banquiers de l'Union ne méritent pas tous les noms dont on les traite. Ils n'en méritent peut-être même aucun. 

Nos banques font des efforts importants pour satisfaire leur clientèle. Ces efforts ne sont pas forcément connus de la grande masse qui ne peut donc en apprécier la portée. Il est par exemple inconnu du grand public que les banques paient à la Banque Centrale 170 CFA ( peut être moins en 2009) pour chaque chèque qu'elles présentent à la compensation pour leurs clients sans pour autant répercuter le coût sur ces derniers.
En effet, la mise en place de la télécompensation au sein de l'UEMOA a été préfinancée  par la Banque Centrale à hauteur de 4,13 millards FCFA. Afin d'assurer l'amortissement de l'investissement initial, il a été instauré une redevance annuelle par participant et une facturation de 170 FCFA par opération présentée dans le système. Tous les participants à la télécompensation sont soumis à cette facturation. Par ailleurs, il faut signaler que dans le cadre de la mise en place de ce système, chaque participant direct a eu à acquérir une solution technique de traitement des valeurs et des équipements de télécommunication pour assurer l'échange d'information entre son site et le site de la représentation locale de la Banque Centrale. Ces investissements ont permis de sécuriser davantage le traitement des valeurs et de réduire le temps de compensation. Toutes choses dont le client final est bénéficiaire sans en supporter le moindre coût. En dehors du Burkina et du Sénégal (1), les banques de l'Union n'ont pas répercuté la facturation sur leurs clients. Il s'agit là d'une décision juste qui mérite d'être saluée. Il faut le mettre à l'actif des banques et leur en savoir gré.

Nous pouvons (et devons) faire confiance à notre banquier, même s'il ne nous informe pas toujours de ce qu'il fait pour nous.

(1) Rapport 2007 sur les systèmes de paiement.