Source : BCEAO

bceaoAllocution de  Monsieur le Gouverneur Philippe-Henri DACOURY-TABLEY, lors de la cérémonie de lancement de la campagne de communication sur la promotion de la bancarisation et l'utilisation des moyens de paiements scripturaux dans l'espace UEMOA.

 

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais vous remercier d'avoir bien voulu accepter, malgré les contraintes liées à vos charges respectives, d'honorer de votre présence cette cérémonie. Votre participation à cette manifestation témoigne de l'intérêt que vous portez au développement et à la modernisation des systèmes de paiement de l'Union, gage de l'essor du système bancaire ainsi que de la promotion de l'activité économique dans nos Etats.

La présente cérémonie constitue l'acte de démarrage d'une grande campagne de communication destinée à promouvoir la bancarisation et l'utilisation des moyens de paiement scripturaux dans les huit (8) pays de l'Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA).

 

Comme vous le savez, la BCEAO a entrepris, au cours de la dernière décennie, un vaste chantier de modernisation des systèmes et moyens de paiement dans l'UEMOA, avec la participation active du secteur bancaire et l'appui des partenaires extérieurs, notamment la Banque Mondiale et la Banque Africaine de Développement.

C'est ici le lieu de leur réitérer mes sincères remerciements pour leur précieuse contribution à la réalisation de ces infrastructures d'envergure qui concourent à l'intégration financière des Etats membres de l'UEMOA. Je voudrais particulièrement saluer la présence des délégations de ces deux Institutions à cette cérémonie. Cette présence est une parfaite illustration de la coopération exemplaire entre nos institutions financières.

Au travers de ses différents volets, la modernisation des moyens et systèmes de paiement vise principalement, l'amélioration de la qualité des infrastructures de paiement, la consolidation de l'efficacité des instruments de contrôle et de mise en œuvre de la politique monétaire, en vue d'un développement plus harmonieux et efficient du marché financier régional.

Dans sa réalisation, le projet a abouti à la mise en place de trois systèmes, à savoir :

    - le Système de Transfert Automatisé et de Règlement dans l'UEMOA (STAR-UEMOA), pour les paiements d'importance systémique, notamment les virements de trésorerie et les règlements des opérations de bourse ainsi que de la dette publique. Ce système est opérationnel depuis juin 2004 ;

    - le Système Interbancaire de Compensation Automatisé dans l'UEMOA (SICA-UEMOA), pour les paiements de masse. Ce système concerne les virements de petits montants, les chèques, les prélèvements et les effets de commerce. SICA-UEMOA a démarré ses activités de manière progressive dans les pays de l'Union sur la période de 2005 à 2007.

    - le système régional de paiement par carte interbancaire, piloté par le secteur bancaire, sous l'impulsion de la BCEAO. Entré en production le 12 juin 2007, avec cinq (05) banques, il concerne à ce jour près de 90 membres affiliés au Groupement Interbancaire Monétique de l'UEMOA (GIM-UEMOA), dont 58 établissements de crédit effectivement connectés à ce système. Des dispositions sont en cours pour la connexion, dans un avenir proche, de toutes les banques de l'Union.

Par ailleurs, en 2009, la Banque Centrale a renforcé son implication dans la conduite du projet monétique en souscrivant au capital du GIM-UEMOA et en devenant, par la même occasion, l'actionnaire majoritaire du Groupement.

 

Le fonctionnement de ces nouveaux systèmes est sous-tendu par un cadre juridique rénové et la mise en production d'une nouvelle centrale des incidents de paiement plus performante, dont le lancement officiel a eu lieu à Lomé le 08 juillet 2010, en présence des dirigeants des banques et établissements financiers de l'Union.

En outre, au titre de ses effets induits, la réforme a contribué à la modernisation et au renforcement des infrastructures de télécommunication dans tous les pays de l'UEMOA.

 

Mesdames et Messieurs,

Comme vous pouvez le constater, tous ces projets sont de nature à améliorer sensiblement l'environnement de l'activité bancaire et des affaires dans la zone UEMOA et à renforcer la sécurité des opérations commerciales et financières entre les agents économiques et, partant, l'intégration de nos économies.

Au titre des autres résultats significatifs, il est attendu de cette réforme une réduction significative des délais de traitement et des coûts des transactions économiques.

A cet égard, j'invite les intermédiaires bancaires et financiers à répercuter les bénéfices attendus de ces différents chantiers à l'ensemble des opérateurs économiques et à lever les obstacles à une large utilisation des instruments de paiement scripturaux.

 

A ce niveau, je dois relever que des efforts importants restent à faire. En effet, l'environnement financier et bancaire dans les pays de l'UEMOA reste caractérisé par un faible taux de bancarisation et une faible utilisation des instruments de paiement scripturaux.

Dans l'Union, les titulaires de compte bancaire représentent moins de 10% de la population, contre un taux avoisinant 40% et 60% dans certains pays africains tels que le Maroc et l'Afrique du Sud.

Cette situation, qui a pour corollaire une forte propension à utiliser des monnaies et des billets de banque, s'explique par plusieurs facteurs, en particulier :

    - la méfiance de la population vis-à-vis des instruments de paiement scripturaux ;

    - le faible niveau de revenu des populations ;

    - les difficultés d'accès aux services bancaires ;

    - la méconnaissance du système bancaire et de ses pratiques par une large frange de la population ;

    - les longs délais d'encaissement et d'exécution des transactions ;

    - le coût élevé des transactions et des services bancaires.

 

Mesdames et Messieurs,

Il apparaît donc important de concentrer nos efforts sur ces aspects qui constituent des leviers non négligeables de croissance et de développement économique et social. Dans ce cadre, un séminaire régional organisé au Siège de la BCEAO, à Dakar en 2007, a permis à l'ensemble de la communauté financière de formuler des recommandations tendant à la promotion de la bancarisation et de l'utilisation des moyens de paiement scripturaux dans l'UEMOA.

La campagne de communication que nous lançons ce jour, s'inscrit dans le cadre de ces recommandations. Elle s'adresse à tous les agents économiques de la population aux administrations publiques, en passant par les banques et établissements financiers. La campagne vise à les sensibiliser sur :

    - les avantages liés à la possession d'un compte bancaire ;

    - le droit au compte ;

    - l'utilisation des cartes bancaires, notamment la carte interbancaire régionale du GIM-UEMOA ;

    - le renforcement de la sécurité du chèque dans les transactions courantes grâce aux opportunités offertes par la nouvelle Centrale des Incidents de Paiement ;

    - les avantages liés à l'utilisation de nouveaux moyens de paiement ;

    - le contenu du cadre juridique relatif aux systèmes de paiement ;

    - le rôle et les responsabilités des différents acteurs du secteur financier de notre zone : banques, établissements financiers, systèmes financiers décentralisés, services postaux.

 

A travers la diffusion de spots audio-visuels, de sketches, de films documentaires dans plusieurs langues, l'organisation d'actions de proximité, d'événements promotionnels ainsi que le déploiement d'affiches et de prospectus, cette vaste campagne est appelée à toucher tous les citoyens de l'Union quel que soit leur lieu de résidence.

J'ai bon espoir qu'avec le professionnalisme avéré des agences de communication retenues, les actions seront conduites avec efficacité pour atteindre les résultats escomptés.

Dans cette perspective, je voudrais inviter tous les acteurs, fournisseurs de services financiers, à prolonger cette initiative par une sensibilisation de leur personnel et de leur clientèle dans un cadre de saine concurrence.

Au terme de la campagne qui va se dérouler sur une période d'environ six (6) mois, je souhaite, pour l'Union, une simplification et un allègement à l'accès aux services bancaires de sorte que la culture bancaire ne soit plus l'apanage de quelques initiés, mais le fait de l'ensemble des citoyens de l'UEMOA.

C'est sur cette note d'espoir que je déclare ouverte la campagne de communication sur la promotion de la bancarisation et de l'utilisation des moyens de paiement scripturaux dans l'UEMOA.

Je vous remercie de votre aimable attention.