senegalLe ministre du Budget, Abdoulaye Diop, a retracé le processus d’application de la bancarisation des salaires supérieurs à 100.000 francs Cfa de tous les fonctionnaires sénégalais et des agents payés par l’Etat. La bancarisation est inscrite dans le respect d’une directive de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa). Abdoulaye Diop a énuméré les avantages de cette mesure aussi bien pour les fonctionnaires et en particulier pour les enseignants et les pays membres de l’Uemoa.

Monsieur le ministre, la bancarisation des salaires des enseignants a été au centre des débats à l’Assemblée nationale, lors du vote du budget du ministère du Préscolaire, de l’Elémentaire, du Moyen Secondaire et des Langues nationales. Pourquoi une telle mesure ?

Nous avons beaucoup discuté sur la bancarisation des salaires des enseignants. En réalité, la bancarisation est l’application d’une loi qui a été votée par l’Assemblée nationale, il y a quelques années, et qui est aussi une transposition d’une directive de l’Uemoa en matière de modernisation du moyen de paiement. Il est prévu que tous les paiements, les rémunérations de salaire et autres traitements dépassant 100.000 francs Cfa doivent faire l’objet de virement bancaire. Cette loi a été votée, sauf erreur de ma part, depuis 2004. Mais nous ne l’avions pas appliquée automatiquement. Nous voulions préparer le dispositif. Il y a quelques mois, le Premier ministre a pris une circulaire pour informer toutes les administrations pour qu’elles prennent des dispositions en relation avec les Dage (directeurs des affaires générales) et les Sages (secrétaires des affaires générales) pour que tous les agents fonctionnaires ou tous ceux qui bénéficient de paiement de la part de l’Etat puissent ouvrir des comptes bancaires pour la domiciliation de leur salaire. Du point de vue des textes, c’est une directive de l’Uemoa. Nous ne faisons pas la bancarisation pour créer des problèmes aux personnes. C’est une dynamique de modernisation des moyens de paiement. C’est une dynamique de modernisation de l’économie nationale.

Lors de votre intervention à l’Assemblée nationale, vous avez aussi dit que les émissions monétaires coûtent cher aux Etats de l’Uemoa…

Le coût de l’émission monétaire est très élevé. Lorsqu’on imprime les billets de banque, surtout des billets sécurisés, cela coûte cher. Les billets ne sont pas fabriqués sur place. La bancarisation permet de réduire les manipulations des billets. Et, lorsqu’on réduit la manipulation, on réduit l’usage et le degré de renouvellement, cela fait économiser à la Banques centrale et forcément aux Etats. L’ouverture de compte permet aux personnes d’avoir des cartes bancaires. La détention d’une carte aide les bénéficiaires à moduler leurs retraits à la banque. Cette carte bancaire pourrait, ultérieurement, servir de carte de paiement. Donc, l’ouverture d’un compte offre aussi la possibilité de bénéficier de prêt, même si les personnes disent que les prêts sont chers. Il y a des éléments qui militent en faveur de la bancarisation. Certains disent que les agios sont élevés Mais tout est relatif. Tous les autres fonctionnaires du ministère aux directeurs, aux chauffeurs, aux plantons ont leur compte. Je ne comprends pas pourquoi nous avons des problèmes avec certains enseignants.

Certains enseignants disent qu’ils ne peuvent pas quitter les mutuelles tant qu’ils n’ont pas remboursé l’intégralité de leur prêt. Que faire pour ces derniers ?

Pour les enseignants qui sont dans les grandes mutuelles, nous avons essayé de trouver des solutions intermédiaires. Pour certaines mutuelles qui ont des comptes bancaires, nous domicilions le salaire avec l’acceptation des enseignants concernés, et la mutuelle récupère le virement qui était au profit de l’enseignant dans le compte bancaire qui est son propre compte. Par exemple, vous prenez une mutuelle comme le Cms (Crédit mutuel du Sénégal) qui a un compte à la Société générale, on domicilie tous les enseignants qui ont un compte au Cms dans le compte Sgbs. Le Cms voit son compte crédité et en état nominatif, il récupère pour payer tous les agents qui ont des comptes à son niveau. Pour les cas de mutuelles qui sont à l’intérieur du pays, qui sont de dimension réduite, le problème qui a été posé, c’était les engagements....

Lire la suite sur www.afriqueactu.com