A l'occasion de la publication du rapport annuel 2009 de la Commission Bancaire de l'UMOA, organe de régulation des activités bancaires dans l'Union, il nous a paru nécessaire de faire un nouveau point sur le niveau de bancarisation dans les différents pays membres. 

Banc2009Le taux de bancarisation a globalement progressé dans l'ensemble des pays. Il s'est accru au niveau de l'Union en moyenne de 5,06% de 2008 à 2009. Le Togo demeure, et de loin, le pays le mieux bancarisation de l'Union avec un taux de 18.11% de sa population (âgée de 15 ans et plus) qui dispose d'un compte bancaire. Il est suivi par le Mali à 11.32% et du Sénégal à 10.61%. Le Bénin occupe la quatrième place de ce classement avec un taux de 9.65%. La Côte d'Ivoire, le Burkina, la Guinée-Bissau et le Niger ferment la marche dans cet ordre avec des taux respectifs de 7.35 , 6.61 , 3.54 et 2.41% .  Cette progression qui confirme la tendance observée depuis quelques années montre l'adhésion des populations aux services bancaires. Cette adhésion est-elle due aux actions des pouvoirs publics ou à l'offensive commerciale des banques de la sous-région ?

Il nous paraît évident que cette croissance (encore insuffisante) du taux moyen de bancarisation de la sous-région est à mettre essentiellement sur le compte des actions du secteur bancaire. Rappelons qu'en parlant banc_2007_2009_d'action des pouvoirs publics, nous ne faisons nullement référence à la récente campagne de bancarisation lancée par la Banque Centrale, et dont les résultats ne pourraient être appréciés que dans un ou deux ans. Nous faisons référence aux actions menées individuellement par les Etats depuis l'instauration de la directive communautaire portant sur la promotion de la bancarisation et des moyens de paiement scripturaux.  

Cette directive  impose certaines actions fortes comme la bancarisation des salaires, l'utilisation des moyens scripturaux dans les transactions avec l'Etat, etc. La mise en oeuvre de ces dispositions n'est pas toujours effective, même dans les pays où cette directive est incorporée à la loi positive. En plus, leur champ d'application étant limité au secteur public pour ce qui concerne la bancarisation des salaires, son impact risque d'être limité.

Nous pensons que cette progression régulière du taux de bancarisation est beaucoup plus la conséquence des actions commerciales des banques qui, sous l'effet de la concurrence instaurée par l'arrivée de nouveaux acteurs (nigérians et marocains) se métamorphosent progressivement et prennent conscience de la nécessité d'élargir leur clientèle. Les campagnes publicitaires bancaires fusent de toutes parts, dans tous les pays de l'Union, pour vanter les mérites de l'épargne bancaire.  

Il reste à souhaiter que cette nouvelle dynamique ne s'estompe point avant l'atteinte du seuil minimal de 50% du taux moyen de bancarisation dans l'espace communautaire. L'espoir est permis. L'implication récente de la Banque Centrale dans la campagne de bancarisation laisse présager d'un futur meilleur.

NB: Le taux de bancarisation a été obtenu en divisant le nombre de comptes indiqué dans le rapport annuel de la Commission bancaire de l'UMOA par la taille de la population âgée de 15 ans et plus publiée par la Banque Mondiale.