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drapeau ivoireFoi de banquier. « La banque centrale est consciente de la situation (Ndlr : pénurie de monnaie). Nous avons de grands projets. Je ne veux pas les dévoiler ici. Il y a une réponse que la Banque centrale va apporter cette année». Le directeur national de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’ouest (Bceao), Jean-Baptiste Ayayé Aman, répondait ainsi, mardi, à notre préoccupation sur le manque criant de monnaie. C’était en marge du lancement officiel de la campagne de sensibilisation des organismes publics et privés à l’utilisation du paiement électronique. Insistant sur le délai imminent pour que la population voit le problème de monnaie se régler, il ajoute: «Ce sera sous peu, c’est parole de banquier. Chacun de nous appréciera. Il y a des gens qui font du commerce qu’on ne comprend pas, même à nos portes. Pour nous, il faut casser cette machine».

Sur le sujet du jour, le directeur national souligne que la monétique est un des axes majeurs de la réforme des systèmes et moyens de paiement, initié par son institution. M. Ayayé Aman cite quelques avantages de l’introduction des Technologies de l’information et de la communication dans les transactions monétaires : réduction des charges d’entretien fiduciaire pour l’institut d’émission, commodité, sécurisation, réduction des charges de transaction et productivité accrue pour les usagers. Justement, le Groupement interbancaire monétique de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Gim-Uemoa) offre une plateforme d’interconnexion aux institutions financières de l’espace ouest-africain.

De façon concrète, le détenteur d’une carte Gim-Uemoa peut effectuer des opérations de retrait ou de paiement sur un Terminal de paiement électronique (Tpe) ou à un guichet automatique d’un opérateur autre que le tien. C’est que le directeur général de Gim-Uemoa, Blaise Ahouantchédé, appelle à l’interopérabilité. Les statistiques montrent qu’au 31 décembre 2011, 81 milliards de Fcfa de flux monétaire ont été traités à travers le réseau Gim-Uemoa. 700.000 personnes sont porteuses de cartes. Elles ont été délivrées par 100 institutions financières membres du groupement dont 17 en Côte d’Ivoire. Le réseau du groupement est composé de 1500 guichets automatiques opérationnels dans le cadre de l’interopérabilité, contre 500 Tpe installés chez des commerçants ou des prestataires de service. La plateforme permet un transfert rapide d’argent, intègre un système de compensation automatique et gère une centrale des incidents de paiement. Du fait de la mutualisation des moyens techniques, des investissements et des frais induits, la monétique offre aux populations des services de proximité à moindre coût. Par exemple, le coût d’un transfert varie de 150 à 420 Fcfa. Pour bénéficier du système de compensation automatique, le client est facturé à 100 Fcfa et lorsqu’il use de l’interbancarité pour encaisser au distributeur automatique de billet, il paie 500 Fcfa.

En termes d’objectifs, il est prévu, en premier lieu, la poursuite de l’atteinte d’un taux de bancarisation de 20%. Actuellement, seulement 8,5% de la population ivoirienne dispose d’un compte. Le Gim-Uemoa prévoit, en deuxième lieu, d’intégrer les structures non bancaires dans la pratique monétique. L’élaboration d’une cartographie des détenteurs de la carte Gim-Uemoa est le troisième objectif poursuivi par l’institution.

ADAMA KONÉ